LES DISEAUX ET LES SERPENTS
Devant un nid peuplé de beaux oiseaux chanteurs , Un passant s'arrêta dans la saison des fleurs.
U LIVRP II.
« Doux nid, dit-il, foyer d'une joie infinie.
Berceau d'amour et d'harmonie , De ton sein chaque jour voleront jusqu'aux cieu\
Mille soupirs délicieux!... »
A ces mots, le passant s'éloigna du bocage. Vers l'automne il revint ; mais, pendant son voyage ,
Les oiseaux s'étaient dispersés , Et des serpents affreux les avaient remplacés.
Ainsi, lorsque s'en vont tous nos rêves d'enfance, Inconstants messagers d'amour et d'espérance , Trop souvent leur succède au fond de notre cœur Le noir serpent de la douleur.