‹ Fables et poésiesChapitre 35 sur 355 · L HORAIHE ET LES CHATS · texte numérisé non relu

L HORAIHE ET LES CHATS

Des chats faisaient sabbat dans un appartement, Mais sabbat infernal; rien n'y manquait, vraiment. Nos drôles s'escrimaient de la gueule et des pattes. Et, pour gagner le cœur de mesdames les chattes ,

Par leurs miaulements témoignaient leurs transports. C'était un tintamarre à réveiller les morts. Aussi, dans le logis, le maître ni sa femme Ne purent fermer l'œil , on doit bien le penser. « Au diable les matous et leur vacarme infâme ! Dit enfin le mari ; s'ils ne veulent cesser, A grands coups de bâton je les ferai danser. » Le bruit continuant , vers la chambre voisine, Sur la pointe des pieds , notre homme s'achemine.

Il ouvre, il entre, et le voilà

Frappant par-ci , frappant par-là ,

Et renversant tout à son aise La pendule, une armoire, une table, une chaise. Et brisant mainte glace et maint vase de prix. Pourl^nt, sous le bâton pas un chat ne fut pris. Pourquoi? me direz-vous. — La question est bonne ! Je croyais que le fait ne surprendrait personne : Comme il n'est tel qu'un chat pour y voir clair la nuit. Le maître avait eu beau s'introduire sans bruit , (îuand il ouvrit la porte , ils avaient sans trompette

Pris doucement la poudre d'escampette.

Qui fut penaud? le maître, on le devine assez;

Il en paya les pots cassés.

Thémis souvent ressemble à l'homme de ma lable :

A-t-on commis un crime quelque part .

Vers le lieu du délit aussitôt elle part. Tandis qu'adroitement se sauve le coupable . Dans l'ombre elle s'en va , tout juste saisissant

L'innocent.

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