LA VERTU ET LA CONSCIENCE
Certain jour, la Vertu passait, Répandant sur chaque souffrance Le pain si doux de l'espérance.
 chaque cœur elle laissait Le souvenir d'une caresse , Le divin baume d'un bienfait :
Tous avaient part à sa tendresse.
Or, quand les justes dans leurs chants Mêlaient leurs actions de grâces,
Les Vices ingrats et méchanls
En blasphémant suivaient ses traces.
Mais tant que ces démons jaloux ,
Lançant l'outrage et les cailloux ,
Confondirent leurs cris de rage ,
Une voix lui cria : Courage !
Une main essuya le sang
Qui baignait son corps fléchissant.
Jusqu'au sommet de son calvaire
Elle entendit la même voix ,
Et la main douce et tutélaire
Porta la moitié de sa croix.
« Accepte ma reconnaissance ,
Dit en expirant la Vertu ;
Mais, terrestre ou divine essence,
Ange ou femme, qui donc es-tu?
— Je suis... je suis la Conscience. »