‹ Fables et poésiesChapitre 44 sur 355 · LA VERTU ET LA CONSCIENCE · texte numérisé non relu

LA VERTU ET LA CONSCIENCE

Certain jour, la Vertu passait, Répandant sur chaque souffrance Le pain si doux de l'espérance.

 chaque cœur elle laissait Le souvenir d'une caresse , Le divin baume d'un bienfait :

Tous avaient part à sa tendresse.

Or, quand les justes dans leurs chants Mêlaient leurs actions de grâces,

Les Vices ingrats et méchanls

En blasphémant suivaient ses traces.

Mais tant que ces démons jaloux ,

Lançant l'outrage et les cailloux ,

Confondirent leurs cris de rage ,

Une voix lui cria : Courage !

Une main essuya le sang

Qui baignait son corps fléchissant.

Jusqu'au sommet de son calvaire

Elle entendit la même voix ,

Et la main douce et tutélaire

Porta la moitié de sa croix.

« Accepte ma reconnaissance ,

Dit en expirant la Vertu ;

Mais, terrestre ou divine essence,

Ange ou femme, qui donc es-tu?

— Je suis... je suis la Conscience. »

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