‹ Fables et poésiesChapitre 57 sur 355 · LE PETIT GOURMAND · texte numérisé non relu

LE PETIT GOURMAND

Les doigts et le menton tout barbouillés de graisse, D'un pâté monstrueux un enfant se bourrait; Aussi bien que des dents des yeux il dévorait. D'enlever les débris sa mère enfin s'empresse :

« Craignez, dit-elle en sa tendresse, Qu'une indigestion ne menace vos jours. »

Le marmot répond au plus vite :

« Maman, j'en veuxencorî... maman, j'en veux toujours. »

Avare, ambitieux, et toi, mou sybarite, Vous dont la jouissance augmente les désirs. Dans votre soif insatiable De trésors, d'honneurs, de plaisirs, Vous êtes, croyez-moi, le gourmand de ma fable.

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