LE PAPILLON. LA ROSE ET LE PAVOT
Dans un parterre, un beau matin,
Ëclot une rose vermeille.
Un papillon s'en émerveille;
£t voilà le charmant lutin
Qui va , qui vole, qui s'empresse.
Soudain, ô surprise, ô douleur!
A des dards cachés sous la fleur
L'étourdi se pique, se blesse.
Il pleure et s'écrie aussitôt :
« Prude, dédaigneuse, cruelle,
Je te fuis: ce riche pavot
A mes vœux sera moins rebelle. »
I^ors il y vole à lire d'aile ;
Il boit... il s'enivre... il s'endort...
Hélas! du sommeil de la mort!
Amis, à la beauté funeste Qui se livre sans hésiter Préférons la beauté modeste Dont ta vertu sait résister.