‹ Fables et poésiesChapitre 67 sur 355 · L'HIVER ET LE PRINTEMPS · texte numérisé non relu

L'HIVER ET LE PRINTEMPS

On était au printemps , alors que les beaux jours

Font éclore les fleurs, les oiseaux, les amours.

Un soleil radieux fécondait la nature :

Un hymne s'exhalait de chaque créature ,

Quand du septentrion arrive un vent glacé

Qui dessèche la rose et chasse l'hirondelle ;

On voit l'hiver aux cieux donnant de grands coups d'aile.

« Vieillard, dit le printemps, ton règne était passé,

Et tu viens, relevant ton trône renversé,

Sous un sceptre de plomb faire courber la terre !

Pourquoi, sans nul égard, me déclarer la guerre,

Troubler les éléments et l'ordre des saisons?...

— Pour en agir ainsi j'ai de bonnes raisons.

Répond l'hiver : souvent ton haleine, ô mon frère,

FABLES. 9i)

Fondit avant le temps ma neige et mes glaçons, Et, sous les courts soleils de mon pâle solstice. Elle ressuscita les fleurs et tes chansons... Eh bien ! qu'on ose encor me taxer d'injustice !... »

Jeunes, nous survient>il des rides de vieillard, Éprouvons-nous des maux attendus bien plus tard, Sachons nous consoler ; quelquefois la vieillesse N'a-l-elle pas aussi ses retours de jeunesse ?

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