‹ Fables et poésiesChapitre 68 sur 355 · LA CHOUETTE VOLEUSE · texte numérisé non relu

LA CHOUETTE VOLEUSE

Lasse d'avoir des fils hideux à faire peur, Des monstres rechignes, prophètes de malheur,

Dame chouette A l'alouette Déroba quelques nourrissons

Dont les chansons Lui valurent mainte louange.

Les oiseaux d'alentour trouvaient la chose étrange;

Les chouettes et les hiboux D'un tel miracle étaient jaloux.

« Ces petits, disait-on, sont de jeunes merveilles! Leurs chants mélodieux, qui charment nos oreilles, Valent, sans contredit, les chants du rossignol!... » Ce triomphe imposteur fut de courte durée; Avant la fin du jour l'alouette éplorée Vint réclamer ses fils et dénoncer le vol.

D'un écrivain forban cette fable est l'histoire ;

C'était dimanche un âne renforcé, Son front portait lundi l'auréole de gloire. Dans le nid du voisin c'est qu'il s'était glissé.

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