‹ Fables et poésiesChapitre 71 sur 355 · LE FERMIER ET LA VACHE · texte numérisé non relu

LE FERMIER ET LA VACHE

Pierre, le lourd fermier, possédait une vache Qui sans murmurer lui donnait Tout son lait.

L'animal était maigre et toujours à l'attache.

« Peu donner, disait Pierre, et I)eaucoiip recevoir,

C'est le moyen d'augmenter son avoir. » Un jour, tenant en main quelques brins d'herbe fraîdie.

Il gagne l'étable et la crèche Où la vache se meurt de langueur et de faim. Il l'embrasse et lui dit : « 0 ma belle, ô ma chère, A l'avenir, crois-moi, tu feras bonne chère... L'autre, de l'écouter se lassant à la fin. Lui dit : « Trêve de flatteries.

De promesses en l'air et de cajoleries î C'est mon lait que lu veux; prends donc, et par pitié, Que je n'entende plus les serments d'amitié. »

Page 1