HERCULE ET LE SATYRE
Déjà fameux par ses douze travaux, Hercule , eu attendant des prodiges nouveaux ,
S'endormit un jour sous un cliène.
Sortant d'une grotte procliaine , Un satyre moqueur réveille le héros :
« Hé quoi! le grand Alcide a besoin de repos? Lui dit-il ; sa massue à ses côtés se rouille; î Du lion de Némée , 6 lils de Jupiter!
10(î LIVRE IV.
Tu déshonores la dépouille.
HercuJe, si vaillant, si fier, Voudrait-il , abdiquant sa glorieuse làclie,
Vivre désormais comme un làclie?... »
Le héros se relève et fait vibrer dans l'air
Sa massue effroyable ; « Fuis , dit-il , ou tu vas expier, misérable ,
Ton insolence par ta mort !... »
Le satyre s'enfuit, Hercule se rendort.
Un public exigeant du satyre est l'image : ÏI veut que le génie , ainsi que le courage ,
Ne se repose qu'au tombeau.
Si chaque jour n'enfante un prodige nouveau , Du prodige d'hier il ne vous lient pas compte , Et vos travaux passés, il les prend en escompte
Sur les travaux de l'avenir ; A lui plaire, en un mot, on ne peut parvenir.
XIY