‹ Fables et poésiesChapitre 73 sur 355 · HERCULE ET LE SATYRE · texte numérisé non relu

HERCULE ET LE SATYRE

Déjà fameux par ses douze travaux, Hercule , eu attendant des prodiges nouveaux ,

S'endormit un jour sous un cliène.

Sortant d'une grotte procliaine , Un satyre moqueur réveille le héros :

« Hé quoi! le grand Alcide a besoin de repos? Lui dit-il ; sa massue à ses côtés se rouille; î Du lion de Némée , 6 lils de Jupiter!

10(î LIVRE IV.

Tu déshonores la dépouille.

HercuJe, si vaillant, si fier, Voudrait-il , abdiquant sa glorieuse làclie,

Vivre désormais comme un làclie?... »

Le héros se relève et fait vibrer dans l'air

Sa massue effroyable ; « Fuis , dit-il , ou tu vas expier, misérable ,

Ton insolence par ta mort !... »

Le satyre s'enfuit, Hercule se rendort.

Un public exigeant du satyre est l'image : ÏI veut que le génie , ainsi que le courage ,

Ne se repose qu'au tombeau.

Si chaque jour n'enfante un prodige nouveau , Du prodige d'hier il ne vous lient pas compte , Et vos travaux passés, il les prend en escompte

Sur les travaux de l'avenir ; A lui plaire, en un mot, on ne peut parvenir.

XIY

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