‹ Fables et poésiesChapitre 78 sur 355 · L'OIE QUE L'ON ENGRAISSE · texte numérisé non relu

L'OIE QUE L'ON ENGRAISSE

Dans une basse-cour se dandinait une oie, El, fière, elle disait : « Je nage dans la joie ;

De Cocagne, vraiment, j'habite le pays ; •

On me gorge de son, de froment, de maïs.

La fenmie, les enfants, les valets et le maître

Sont, par amour pour moi, voués à mon bien-être...

— Cesse, lui dit quelqu'un, de croire en leur bonté;

Apprécie un peu mieux leur générosité :

lis te réservent tous une amère disgrâce',

Et te feront rôtir lorsque tu seras grasse... »>

Ceux qui de nous servir se montrent empressés Nous prodiguent parfois des soins intéressés.

Page 1