‹ Fables et poésiesChapitre 86 sur 355 · LE CHIEN ET LE LION · texte numérisé non relu

LE CHIEN ET LE LION

Sous un sceptre de fer courbant les animaux , Le lion , roi cruel , les accablait de maux : Comme les dieux païens il vivait d'hécatombes. Chacun a ses tyrans : les cerfs et les colombes , Dans l'air et dans les bois périssent tous les'jours Sous l'ongle des lions, sous le bec des vautours. Tous pleuraient sous le poids d'un pénible esclavage , l^orsqu'un chien se dévoue, et, s'armant de courage.

Pour le salut commun gagne l'antre du roi. Voulant frapper son cœur d'un salutaire effroi : « Apprenez , lui dit-il , qu'un cri de délivrance Peut remplacer bientôt le cri de la souffrance. Et que le ciel , témoin de nos affreux tourments , Vous réserve la foudre et de longs châtiments ; Vous verrez dans vos nuits chaque pâle victime Troubler votre sommeil et vous glacer d'horreur. Allons, quittez enfin le noir sentier du crime... » Le lion, à ces mots, étrangla l'orateur.

Plus d'un noble avocat d'une cause sublime , Pour ses frères bravant la colère des rois . Gémit dans les cachots ou mourut sur la croix.

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