‹ Fables et poésiesChapitre 87 sur 355 · LES DEUX CANARDS · texte numérisé non relu

LES DEUX CANARDS

Deux canards barbotaient tout le long d'une mare : « Mon frère, dit l'un d'eux, que dis-tu du mouton?

Quant à moi , je le trouve ignare ,

Paresseux, maladroit, poltron,

Car, entre nojis, que sait-il faire?

Bêler, brouter, dormir du matin jusqu'au soir,

N'est-ce pas toute son affaire?

Mais parle-moi du singe; ah! c'est lui qu'il faut voir : Dans sa cage il fait sans cesse Mille et mille tours d'adresse...

— Oui, dit l'autre canard , il est plein de savoir ; Mais il n'aime personne, et personne ne l'aime : De la méchanceté c'est le funeste emblème ; Gare à qui loin de lui ne sait pas se tenir ! Le mouton est plus bête, il faut en convenir ; Mais il est estimé de chacun à la ronde ; Il est sensible et doux, et ce pauvre animal

Ne fit jamais le moindre mal. »

Je préfère un bon cœur à tout l'esprit du monde.

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