‹ Fables. IllustréesChapitre 116 sur 166 · III · texte numérisé non relu

III

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TJfBLES DE La TOMTAmB

Lirn-E J^EUVJÈME

Le chat et le renard, comme beaux petits saints.

S'en allaient en pèlermage.

C'étaient deux vrais tartufs, deux archipateims. Deux francs patte-pelus, qui, des frais du voyage. Croquant mainte volaille, escroquant maint fromage.

S'indemnisaient à qui mieux mieux.

Le chemin étant long, et partant ennuyeux,

Pour raccourcir ils disputèrent.

La dispute est d'un grand secours :

Sans elle on dormirait toujours.

Nos pèlerins s'égosillèrent.

Ayant bien disputé, l'on parla du prochain.

Lt renard au chat dit enfin :

Tu prétends être fort habile ; En sais-tu tant que moi ? J'ai cent ruses au sac. Non, dit l'autre : je n'ai qu'un tour dans mon bissac;

Mais je soutiens qu'il en vaut mille.

Eux de recommencer la dispute à l'envi. Sur le que si, que non, tous deux étant ainsi.

Une meute apaisa la noise.

Le chat dit au renard : Fouille en ton sac, ami ;

Cherche en ta cervelle matoise Un stratagème sûr : pour moi, voici le mien. A ces mots, sur un arbre il grimpa bel et bien.

L'autre fît cent tours inutiles.

Entra dans cent terriers, mit cent fois en défaut

Tous les confrères de Brifaut.

Partout il tenta des asiles :

Et ce fut partout sans succès ; La fumée y pourvut, ainsi que les bassets. Au sortir d'un terrier deux chiens aux pieds agiles

L'étranglèrent du premier bond.

Le trop d'expédients peut gâter une affaire : On perd du temps au chca, on tente, on veut tout faire

N'en ayons qu'un, mais qu'il soit bon.

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Tjibles de Lji FONT.^mE

LivKE ?Jeuvième

Un homme n'ayant plus ni crcdit ni ressource,

Et logeant le diable en sa bourse.

C'est-à-dire n'y logeant rien.

S'imagina qu il ferait bien De se pendre, et finir lui-même sa misère. Puisque aussi bien sans lui la faim le viendrait faire :

Genre de mort qui ne duit pas

A gens peu curieux de goûter le trépas.

Dans cette miention, une vieille masure

Fut la scène où devait se passer l'aventure :

Il y porte une corde, et veut avec un clou

Au haut d'un certain mur attacher le licou.

La muraille, vieille et peu forte.

S'ébranle aux premiers coups, tombe avec un trésor. Notre désespéré le ramasse et l'emporte. Laisse là le licou, s'en retourne avec l'or. Sans compter : ronde ou non, la somme plut au sire. Tandis que le galant a grands pas se retire-. L'homme au trésor arrive, et trouve son argent

Absent.

Quoi ! dit-il, sans mourir je perdrai cette somme ? Je ne me pendrai pas ! Et vraiment si ferai.

Ou de corde je manquerai.

Le lacs était tout prêt ; il n'y manquait qu'un homme. Celui-ci se 1 attache, et se pend bien et beau.

Ce qui le consola peut-être.

Fut qu'un autre eût. [wur lui, fait les frais du cordeau. Aussi bien que l'argent le licou trouva maître. L'avare rarement finit ses jours sans pleurs ; Il a le moins de part au trésor qu'il enserre.

Thésaurisant pour les voleurs.

Pour ses parents, ou pour la ferre.

Mais que dire du troc que la Fortune fit ? Ce sont la de ses traits ; elle s'en divertit : Plus le tour est bizarre, et plus elle est contente. Cette déesse inconstante Se mit alors en l'esprit De voir un homme se pendre ; Et celui qui se pendit S'y devait le moins attendre.

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Tables de L^ To-NTAmE

LirnE J\EurjÈME

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Après que le milan, manifeste voleur.

Eut répandu l'alarme en tout le voisinage.

Et fait crier sur lui les enfants du village,

Un rossignol tomba dans ses mains par malheur.

Le héraut du printemps lui demande la vie.

Aussi bien, que manger en qui n'a que le son ?

Ecoutez plutôt ma chanson :

Je vous raconterai Térée et son envie. — Qui Térée ? est-ce un mets propre pour les milans ? — Non pas ; c'était un roi dont les feux violents Me firent ressentir leur ardeur criminelle. Je m'en vais vous en dire une chanson si belle Qu'elle vous ravira : mon chant plait à chacun.

Le milan alors lui réplique :

Vraiment, nous voici bien ! lorsque je suis à jeun.

Tu me viens parler de musique ! — J'en parle bien aux rois. — Quand un roi te prendra,

Tu peux lui conter ces merveilles ; . Pour un milan, il s'en rira.

Ventre affamé n'a point d'oreilles.

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F.^BLES DE La FONT.'imE

LtvnE Neuvième

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