‹ Fables. IllustréesChapitre 117 sur 166 · LE SINGE ET LE CHAT · texte numérisé non relu

LE SINGE ET LE CHAT

Bertrand avec Raton, l'un singe et l'autre chat,

Commensaux d un logis, avaient un commun maitre.

D animaux malfaisants c'était un très bon plat :

Ils ny craignaient tous deux aucun, quel qu'il pût être.

Trouvait-on quelque chose au logis de gâté,

L on ne s en prenait point aux gens du voisinage :

Bertrand dérobait tout ; Raton, de son coté,

Etait moms attentif aux souris qu'au fromage.

Un jour, au coin du feu, nos deux maitres fripons

Regardaient rôtir des marrons.

Les escroquer était une très bonne affaire : Nos galands y voyaient double profit à faire ; Leur bien premièrement, et puis le mal d'autrui. Bertrand dit a Raton : Frère, il faut aujourd'hui

Que tu fasses un coup de maitre ; Tire-moi ces marrons. Si Dieu m'avait fait naître Propre a tirer marrons du feu.

Certes, marrons verraient beau jeu. Aussitôt fait que dit : Raton, avec sa patte,

D une manière délicate.

Ecarte un peu la cendre, et retire les doigts ;

Puis les reporte a plusieurs fois ; Tire un marron, puis deux, et puis trois en escroque

Et cependant Bertrand les croque.

Une servante vient : adieu mes gens. Raton

N'était pas content, ce dit-on.

/Xussi ne le sont pas la plupart de ces princes Qui, flattés d'un pareil emploi.

Vont s'échauder en des provinces Pour le profit de quelque roi.

FAIBLES DE La TOMTAmE

hiriiE J^EWIÈME

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