‹ Fables. IllustréesChapitre 118 sur 166 · LE BERGER ET SON TROUPEAU · texte numérisé non relu

LE BERGER ET SON TROUPEAU

Quoi ! toujours il me manquera

Quelqu'un de ce peuple imbécile !

Toujours le loup m'en gobera !

J'aurai beau les compter ! Ils étaient plus de mille. Et m'ont laissé ravir notre pauvre Robin !

Robin mouton, qui par la ville

Me suivait pour un peu de pain.

Et qui m'aurait suivi jusques au bout du monde ! Hélas ! de ma musette il entendait le son ; Il me sentait venir à cent pas à la ronde.

Ah ! le pauvre Robin mouton !

Quand Guillot eut fini cette oraison funèbre, Et rendu de Robin la mémoire célèbre.

Il harangua tout le troupeau, Les chefs, la multitude, et jusqu'au moindre agneau

Les conjurant de tenir ferme :

Cela seul suffirait pour écarter les loups. Foi de peuple d'honneur, ils lui promirent tous

De ne bouger non plus qu'un terme.

Nous voulons, dirent-ils, étouffer le glouton

Qui nous a pris Robin mouton.

Chacun en répond sur sa tète.

Guillot les crut, et leur fit fête.

Cependant, devant qu'il fût nuit.

Il arriva nouvel encombre :

Un loup parut ; tout le troupeau s'enfuit. Ce n'était pas un loup, ce n'en était que l'ombre.

Haranguez de méchants soldats ;

lis promettront de faire rage :

Mais, au moindre danger, adieu tout leur courage ; Votre exemple et vos cris ne les retiendront pas.

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