‹ Fables. IllustréesChapitre 125 sur 166 · L'ARAIGNÉE ET L'HIRONDELLE · texte numérisé non relu

L'ARAIGNÉE ET L'HIRONDELLE

O Jupiter, qui sus de ton cerveau.

Par un secret d'accouchement nouveau.

Tirer Pallas, jadis mon ennemie, Entends ma plainte une fois en ta vie ! Progné me vient enlever les morceaux ; Caracolant, frisant l'air et les eaux.

Elle me prend mes mouches à ma porte : Miennes je puis les dire; et mon réseau En serait plein sans ce maudit oiseau : Je l'ai tissu de matière assez forte.

Ainsi, d'un discours insolent.

Se plaignait l'araignée autrefois tapissière.

Et qui lors étant filandière Prétendait enlacer tout insecte volant.

La sœur de Philomèle, attentive a sa proie. Malgré le bestion happait mouches dans l'air. Pour ses petits, pour elle, impitoyable joie. Que ses enfants gloutons, d'un bec toujours ouvert. D'un ton demi-formé, bégayante couvée.

Demandaient par des cris encor mal entendus.

La pauvre aragne, n'ayant plus ■Que la tête et les pieds, artisans superflus.

Se vit elle-même enlevée :

L'hirondelle, en passant, emporta toile, et tout,

Et l'animal pendant au bout.

Jupin pour chaque état mit deux tables au monde : L'adroit, le vigilant, et le fort sont assis A la première ; et les petits Mangent leurs restes à la seconde.

Tjjblbs de "Lm VcmAmz

LirnB D/xiÈJVE -

Page 1