‹ Fables. IllustréesChapitre 13 sur 166 · ET SES DEUX MAITRESSES · texte numérisé non relu

ET SES DEUX MAITRESSES

Un homme de moyen âge.

Et tirant sur le grison.

Jugea qu'il était saison De songer au mariage.

11 avait du comptant.

Et partant De quoi choisir ; toutes voulaicrJ lui plaire ; En quoi notre amoureux ne se pressait pas tant ;

Bien adresser n'est pas petite affaire.

Deux veuves sur son cœur eurent le plus de part : L'une encor verte ; et l'autre un peu bien mure, Mais qui réparait, par son art, Ce qu'avait détruit la nature.

Ces deux veuves, en badinant.

En riant, en lui faisant fête, L'allaient quelquefois testonna.nt.

C'est-à-dire ajustant sa tête.

La vieille, à tous moments, de sa part emportait

Un peu du poil noir qui restait. Afin que son amant en fût plus à sa guise. La jeune saccageait les poils blancs à son tcur. Toutes deux firent tant, que notre tête grise Demeura sans cheveux, et se douta du tour. Je vous rends, leur dit-il, milles grâces, les belle:. Qui m'avez si bien tondu :

J'ai plus gagné que perdu ; Car d'hymen point de nouvelles.

Celle que je prendrais voudrait qu'à sa façon Je vécusse, et non à la mienne.

Il n'est tête chauve qui tienne :

Je vous suis obligé, belles, de la leçon.

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