LAIGLE ET LA PJE
L'aigle, reine des airs, avec Margot la pie. Différentes d'humeur, de langage, et d'esprit, Et d'habit.
Traversaient un bout de prairie.
Le hasard les assemble en un coin détourne. L'agasse eut peur ; mais l'aigle, ayant fort bien diné, La rassure, et lui dit : Allons de compagnie ; Si le maître des dieux assez souvent s'ennuie.
Lui qui gouverne l'univers.
J'en puis bien faire autant, moi qu'on sait qui le sers. Entretenez-moi donc, et sans cérémonie.
Caquet-bon-bec alors de jaser au plus dru. Sur ceci, sur cela, sur tout. L'homme d'Horace, Disant le bien, le mal, a travers champs, n'eut su Ce qu'en fait de babil y savait notre agace. Elle offre d'avertir de tout ce qui se passe.
Sautant, allant de place en place.
Bon espion. Dieu sait. Son offre ayant déplu.
L'aigle lui dit tout en colère :
Ne quittez point votre séjour.
Caquet-bon-bec, ma mie : adieu ; je n'ai que faire
D'une babillarde à ma cour :
C'est un fort méchant caractère.
Margot ne demandait pas mieux.
Ce n'est pas ce qu'on croit que d'entrer chez les dieux Cet honneur a souvent de mortelles angoisses. Rediseurs, espions, gens a l'air gracieux. Au cœur tout différent, s'y rendent odieux : Quoique ainsi que la pie il faille dans ces lieux
Porter habit de deux paroisses.
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F.7BLES DE L^ FOMT.^mE
"LivHjE. Douzième
Aux traces de son sang un vieux hôte des bois,
Renard fin. subtil et matois, Blessé par des chasseurs, et tombé dans la fange. Autrefois attira ce parasite ailé
Que nous avons mouche appelé.
11 accusait les dieux, et trouvait fort étrange Que le sort à tel point le voulût affliger,
El le fit aux mouches manger.
Quoi ! se jeter sur moi, sur moi le plus habile
De tous les hôtes des forêts !
Depuis quand les renards sont-ils un si bon mets ? Et que me sert ma queue ? est-ce un poids inutile ? Va, le ciel te confonde, animal importun !
Que ne vis-tu sur le commun !
Un hérisson du voisinage.
Dans mes vers nouveau personnage.
Voulut le délivrer de l'importunité
Du peuple plein d'avidité :
, Je les vais de mes dards enfiler par centaines. Voisin renard, dit-il, et terminer tes peines. Garde-t'en bien, dit l'autre ; ami, ne le fais pas : Laisse-les, je te prie, achever leur repas. Ces animaux sont soûls ; une troupe nouvelle Viendrait fondre sur moi, plus âpre et plus cruelle. Nous ne trouvons que trop de mangeurs ici-bas : Ceux-ci sont courtisans, ceux-là sont magistrats. Aristote appliquait cet apologue aux hommes.
Les exemples en sont communs.
Surtout au pays où nous sommes.
Plus telles gens sont pleins, moins ils sont importuns.
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