‹ Fables. IllustréesChapitre 18 sur 166 · CONSHIL TENU PAR LES RATS · texte numérisé non relu

CONSHIL TENU PAR LES RATS

Un chat, nommé Rodilarclus,

Faisait de rats telle déconfiture.

Que Ion n'en voyait presque plus.

Tant il en avait mis dedans la sépulture, l^e peu qu il en restait, n osant quitter son trou. Ne trouvait a mar.ger que le quart de son soiil Lt Rodilard passait, chez la gent misérable.

Non pour un chat, mais pour un dubic.

Or, un jour qu'au haut et au loin

Le galant alla chercher femme.

Pendant tout le sabbat qu'il fit avec sa dair.c. Le demeurant des rats tint chapitre en un coin

Sur la nécessité présente.

Des l'abord, leur doyen, personne fort prudente. Opina qu'il fallait, et plus tôt que plus tard. Attacher un grelot au cou de Rodilard ;

Qu'ainsi, quand il liait e:i guerre.

De sa marche avertis, ils s'enfuiraient sous terre •

Qu'il n'y savait que ce moyen.

Chacun fut de l'avis de monsieur le doyen : Chose ne leur parut à tous plus salutaire. La difficulté fut d'attacher le grelot.

L'un dit : Je n y vais point, je ne suis pas si sol ; L'autre : Je ne saurais. Si bien que sans rien faire On se quitta. J'ai maints chapitres vus. Qui pour néant se sont ainsi tenus ; Chapitres, non de rats, mais chapitres de moines,

Voire chapitres de chanoines.

Ne faut-il que délibérer ?

La cour en conseillers foisonne :

Est-il besoin d'exécuter ?

L'on ne rencontre plus personne.

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