‹ Fables. IllustréesChapitre 17 sur 166 · LE CHÊNE ET LE ROSEAU · texte numérisé non relu

LE CHÊNE ET LE ROSEAU

Le chêne un jour dit au roseau :

Vous avez bien sujet d'accuser la nature ; L'n roitelet pour vous est un perani fardeau :

Le moindre vent qui. d'aventure,

Fait rider la face de l'eau

\ ous oblige à baisser la tête ; Cependant que mon front, au Caucase pareil. Non content d'arrêter le.î rayons du soleil.

Brave l'elîort de la tempête.

Tout vous est aquilon, tout me semble zêpiiyr ; Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage

Dont je couvre le voisinage,

\ ous n'auriez pas tant a souffrir ;

Je vous défendrais de l'orage ;

Mais vous naissez le plus souvent Sur les humides bords dej royaumes du ve:it. La nature envers vous me semble bien injuste. \'otre compassion, lui répondit I arbuste.

TjVUE PHEMIEJ^

' ''Vj .. u(,/' "'■■4.--^,,

-..•/ii/^

jit d un Ijon naturel ; mais quittez ce souci ; Les ve.nts me sont moins qu'a vous redoutab a . ]'■ plie, et ne romps pas. Vous avez, jusqu'ici.

Contre leurs coups épouvantables

Résisté sans courber le dos ; Mais attendons la lin. Comme il disait ces mots, r^u fjout de l'horizon accourt avec furie

Le plus terrible des enfants Que le nord eut porté jusque-là dans ses flancs.

L'arbre tient bon ; le roseau plie.

Le vent redouble ses efforts.

Et fait si bien qu'il déracine Celui de qui la tête au ciel était voisine, Lt dont les pieds touchaient a l'empire des morts.

-wi 24 i^*-

Tjibles de La Fontjiij^b

tlT-RE DeVXJÈME

Page 1