‹ Fables. IllustréesChapitre 27 sur 166 · L'ASTROLOGUE QUI SE LAISSE TOMBER DANSJIN^PUITS · texte numérisé non relu

L'ASTROLOGUE QUI SE LAISSE TOMBER DANSJIN^PUITS

Un astrologue un jour se laissa choir Au fond d'un puits. On lui dit : Pauvre béte, Tandis qu'à peine à tes pieds tu peux voir. Penses-tu lire au-dessus de ta tête ?

Cette aventure en soi, sans aller plus avant. Peut servir de leçon à la plupart des hommes. Parmi ce que de gens sur la terre nous sommes,

Il en est peu qui fort souvent

Ne se plaisent d'entendre dire Qu'au livre du Destin les mortels peuvent lire. Mais ce livre qu'Homère et les siens ont chanté, Qu'est-ce, que le Hasard parmi l'anquité.

Et parmi nous, la Providence ?

Or, du hasard il n'est point de science :

S'il en était, on aurait tort De l'appeler hasard, ni fortune, ni sort ;

Toutes choses très incertaines.

Quant aux volontés souveraines De celui qui fait tout, et rien qu'avec dessein. Qui les sait, que lui seul ? Comment lire en son sein ? Aurait-il imprimé sur le front des étoiles Ce que la nuit des temps enferme dans ses voiles ? A quelle utilité ? Pour exercer l'esprit De ceux qui de la sphère et du globe ont écrit ? Pour nous faire éviter des maux inévitables ? Nous rendre, dans les biens, de plaisirs incapables ? Et, causant du dégoût pour ces biens prévenus. Les convertir en maux devant qu'ils soient venus ? C'est erreur, ou plutôt c'est crime de le croire. Le firmament se meut, les astres font leur cours.

Le soleil nous luit tous les jours.

Tous les jours sa clarté succède à l'ombre noire, Sans que nous en puissions autre chose inférer Que la nécessité de luire et d'éclairer.

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