LA CHATTE METAMORPHOSEE EN FEMME
Un homme chérissait éperdument sa chatte Il la trouvait mignonne, et belle et délicate,
Qui miaulait dun ton fort doux :
Il était plus fou que les fous.
Cet homme donc, par prières, par larmes,
Par sortilèges et par charmes,
Paît tant qu'il obtient du destin
Que sa chatte, en un beau matin.
Devient femme ; et, le matin même.
Maître sot en fait sa moitié.
Le voila fou d'amour extrême.
De fou qu'il était d'amitié.
Jamais la dame la plus belle
Ne charma tant son favori
Que fait cette épouse nouvelle
Son hypocondre de mari :
Il n'y trouve plus rien de chatte ; Lorsque quelques souris qui rongeaient dans la natte Troublèrent le repos des nouveaux maries.
Aussitôt la femme est sur pieds.
Elle manqua son aventure.
Souris de revenir, femme d'être en posture : Pour cette fois elle accourut à point.
Car, ayant changé de figure.
Les souris ne la craignaient point.
Ce lui fut toujours une amorce :
Tant le naturel a de force !
Il se moque de tout : certain âge accompli. Le vase est imbibé, l'étoffe a pris son pli.
En vain de son train ordinaire
On le veut désaccoutumer :
Quelque chose qu'on puisse faire.
On ne saurait le reformer.
Coups de fourche ni d'etrivières
Ne lui font changer dé manières ;
{"-t fussiez-vous embâtonnés.
Jamais vous n'en serez les maîtres.
Qu on lui ferme la porte au nez.
Il reviendra par les fenêtres.
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Tjibles de La To'ntjiwe
"LiriiB Deuxième
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FABLES DE L.1 TOMT.flT^E
LirnE Deuxième
Sur la branche d'un arbre était en sentinelle
Un vieux coq adroit et matois.
Frère, dit un renard, adoucissant sa voix,
Nous ne sommes plus en querelle :
Paix générale cette fois. Je viens le l'annoncer ; descends, que je t'embrasse '
Ne me retarde point, de grâce ; Je dois faire aujourd'hui vingt postes sans manquer.
Les tiens et toi pouvez vaquer.
Sans nulle crainte, à vos affaires ;
Nous vous y servirons en frères.
Faites-en les feux dès ce soir.
Et cependant viens recevoir,
Le baiser d'amour fraternelle.
Ami, reprit le coq, je ne pouvais jamais Apprendre une plus douce et meilleure nouvelle Que celle De cette paix ;
Et ce m'est une double joie De la tenir de loi. Je vois deux lévriers.
Qui, je m'assure, sont courriers
Que pour ce sujet on envoie :
Ils vont vite, et seront dans un moment à nous. Je descends : nous pourrons nous entre-baiser tous. Adieu, dit le renard, ma traite est longue à faire ; Nous nous réjouirons du succès de l'affaire Une autre fois. Le galant aussitôt
Tire ses grcgues, gagne au haut.
Mal content de son stratagème.
Et notre vieux coq en soi-même
Se mit à rire de sa peur ; Car c'est double plaisir de Iromjier le trompeur.
> Tables de La Toi^taime
TjirnE Deuxième