LE LION DEVENU VIEUX
Le lion, terreur des forets.
Chargé d'ans, et pleurant son antique prouesse, Fui enfin attaqué par ses propres sujets.
Devenus forts par sa faiblesse.
Le cheval s'approchant lui donne un couji de pied ; Le loup, un coup de dent ; le bœuf, un coup de corne. Le malheureux lion, languissant, triste et morne. Peut à peine rugir, par l'âge estropie. Il attend son destin, sans faire aucunes iilainles ; Quand voyant l'àne même a son antre accourir : Ah ! c'est trop, lui dit-il, je voulais bien mourir ; Mais c'est mourir deux fois que souffrir tes atteintes.
TjfBLBS DE La rOMTJlJME F7
Lirj{E TROISIÈME
PHILOMELE ET PROGNE
Autrefois Progné, l'hirondelle, De sa demeure s'écarta, Et loin des villes s'emporta Dans un bois où chantait la pauvre Philomcle. Ma sœur, lui dit Progné, comment vous portez-vous 1 Voici tantôt mille ans que l'on ne vous a vue : Je ne me souviens point que vous soyez venue. Depuis le temps de Thrace, habiter parmi nous.
Dites-moi, que pensez-vous faire ?
Ne quitterez-vous point ce séjour solitaire ? Ah ! reprit Philomele, en est-il de plus doux ? Progné lui repartit : Eh quoi ! cette musique. Pour ne chanter qu'aux animaux.
Tout au plus à quelque rustique !
Le désert est-il fait pour des talents si beaux ? Venez faire aux cites éclater leurs merveilles.
Aussi bien, en voyant les bois. Sans cesse il vous souvient que Térée autrefois.
Parmi des demeures pareilles.
Exerça sa fureur sur vos divins appas.
Et c est le souvenir d'un si cruel outrage Qui fait, reprit sa sœur, que je ne vous suis pas : En voyant les hommes, helas !
Il m'en souvient bien davantage.
r.^BLES DE L.1 TOMTAmE --
LlVR-E Tj^oisjème
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