‹ Fables. IllustréesChapitre 41 sur 166 · LA FEMME NOYÉE · texte numérisé non relu

LA FEMME NOYÉE

Je ne suis pas de ceux qui disent : Ce ne rien,

C est une femme qui se noie.

Je dis que c'est beaucoup ; et ce sexe vaut bien Que nous le regrettions, puisqu'il fait notre joie. Ce que j'avance ici n'est point hors de propos. Puisqu'il s'agit, en cette fable.

D'une femme qui dans les flots Avait fini ses jours par un sort déplorable. Son époux en cherchait le corps.

Pour lui rendre, en cette aventure. Les honneurs de la sépulture.

Il arriva que sur les bords Du fleuve, auteur de sa disgrâce, Des gens se promenaient ignorant l'accident.

Ce mari donc leur demandant S ils n avaient de sa femme aperçu nulle trace : Nulle, reprit l'un deux ; mais cherchez-la plus bas

Suivez le fil de la rivière.

Un autre repartit : Non, ne le suivez pas ;

Rebroussez plutôt en arrière :

Quelle que soit la pente et l'inclination Dont l'eau par sa course l'emporte, L esprit de contradiction L'aura fait flotter d'autre sorte.

Cet homme se raillait eissez hors de saison. Quant à l'humeur contredisante.

Je ne sais s'il avait raison ; Mais, que cette humeur soit ou non Le défaut du sexe et sa pente, Quiconque avec elle naîtra Sans faute avec elle mourra.

Et jusqu'au b)OUt contredira.

Et, s'il peut, encore par delà.

^^'"'u*«*yi*;w

Tables de La Tot^tawe

Lirj{E Troisième

Page 1