‹ Fables. IllustréesChapitre 65 sur 166 · LE LABOUREUR ET SES ENFANTS · texte numérisé non relu

LE LABOUREUR ET SES ENFANTS

Travaillez, prenez de la peine :

C'est le fonds qui manque le moins.

Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine. Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins. Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l'héritage Que nous ont laissé nos parents ;

Un trésor est caché dedans.

Je ne sais pas l'endroit ; mais un peu de courage Vous le fera trouver : vous en viendrez à bout. Remuez votre champ dès qu'on aura fait l'oût : Creusez, fouillez, bêchez ; ne laissez nulle place

Où la main ne passe et repasse.

Le père mort, les fils vous retournent le champ. Deçà, delà, partout ; si bien qu'au bout de l'an

Il en rapporta davantage.

D'argent, point de caché. Mais le père fut sage

De leur montrer, avant sa mort.

Que le travail est un trésor.

'''■'^^"'''■''"VMI'lltll||»i-.«."i---T.|^|.||i.«w».ui^i»,^^,.ii,r»),u,^.|,(,,,,,M.uu^M|.,.l>vivi.|l,Vi-^^"« ntVilH"""-l! Aul,..,.,..,,...iri HHlimi,. ..i.ili ■■, >^^>to

T.^BLES DE La rOMTJflNE

— LiVHE Cinquième

Un certain loup, dans la saison Que les tièdes zéphirs ont l'herbe rajeunie, Et que les animaux quittent tous la maison

Pour s'en aller chercher leur vie ; Un loup, dis-je, au sortir des rigueurs de l'hiver. Aperçut un cheval qu'on avait mis au vei t.

Je laisse a penser quelle joie.

Bonne chasse, dit-il, qui l'aurait à son croc ! Et ! que n'es-tu mouton ! car tu me eerais hoc ; Au lieu qu'il faut ruser pour avoir cette proie. Rusons donc. Ainsi dit, il vient a pas comptés ;

Se dit écolier d'Hippocrate ; Qu'il connaît les vertus et les propriétés

De tous les simples de ces prés ;

Qu'il sait gucrir, sans qu'il se flatte. Toutes sortes de maux. Si dom coursier voulait

Ne point celer sa maladie.

Lui loup gratis le guérirait :

Car le voir en cette prairie

Paître ainsi, sans être hé.

Témoignait queh.ue mal, selon la médecine.

J'ai, dit la béte chevaline.

Un apostume sous le pied.

Mon fils, dit le docteur, il n'est point de partie

Susceptible de tant de maux.

J'ai l'honneur de servir nos seigneurs les chevaux.

Et fais aussi la chirurgie.

Mon galant ne songeait qu'a l)icn prendre son temps,

Afin de happer son malade.

L'autre, qui s'en doutait, lui lâche une ruade

Qui vous lui met en marmelade

Les mandibules, et les dents.

C'est bien fait, dit le loup en soi-même, fort triste ; Chacun à son métier doit toujours s'attacher.

Tu veux faire ici l'arboriste.

Et ne fus jamais que boucher.

-•M io8 i*^

Tables de La Fontjiime

■- Lir7(E Cinquième

Page 1