‹ Fables. IllustréesChapitre 66 sur 166 · LA MONTAGNE QUI ACCOUCHE · texte numérisé non relu

LA MONTAGNE QUI ACCOUCHE

Une montagne, en mal d'enfant,

Jetait une clameur si haute

Que chacun, au bruit accourant.

Crut qu'elle accoucherait, sans faute, D une cité plus grosse que Paris :

Elle accoucha d'une souris.

Quand je songe à cette fable.

Dont le récit est menteur

Et le sens est véritable.

Je me figure un auteur Qui dit : Je chanterai la guerre Que firent les Titans au maître du tonnerre. C est promettre beaucoup : mais qu'en sort-il souvent } Du venl.

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L'avarice perd tout en voulant tout gagner.

Je ne veux, pour le témoigner, Que celui dont la poule, à ce que dit la fable,

Pondait tous les jours un œuf d'or.

Il crut que dans son corps elle avait un trésor; Il la tua, l'ouvrit, et la trouva semblable A celles dont les œufs ne lui rapportaient rien, S'étant lui-même Ole le plus beau de son bien.

Belle leçon pour les gens chiches !

Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus. Qui du soir au matin sont pauvres devenus.

Pour vouloir trop tôt être riches !

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