‹ Fables. IllustréesChapitre 71 sur 166 · LE LION ET LE CHASSEUR · texte numérisé non relu

LE LION ET LE CHASSEUR

Un fanfaron, amateur de la chasse.

Venant de perdre un chien de bonne race Qu'il soupçonnait dans le corps d'un lion, Vit un berger. Enseigne-moi, de grâce.

De mon voleur, lui dit-il, la maison ; Que de ce pas je me fasse raison.

Le berger dit : C'est vers cette montagne. En lui payant de tribut un mouton Par chaque mois j'erre dans la campagne Comme il me plait ; et je suis en repos. Dans le moment qu'ils tenaient ces propos Le lion sort, et vient d'un pas agile. Le fanfaron aussitôt d'esquiver ; G Jupiter ! montre-moi quelque asile, S'écria-t-il qui me puisse sauver !

La vraie épreuve de courage N'est que dans le danger que l'on touche du doigt Tel le cherchait, dit-il, qui, changeant de langage. S'enfuit aussitôt qu'il le voit.

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Borée et le Soleil virent un voyageur

Qui s'était muni par bonheur Contre le mauvais temps. On entrait dans l'automne, Quand la précaution aux voyageurs est bonne : Il pleut, le soleil luit, et l'écharpe d'Iris

Rend ceux qui sortent avertis Qu'en ces mois le manteau leur est fort nécessaire : Les Latins les nommaient douteux, pour cette affaire. Notre homme s'était donc à la pluie attendu : Bon manteau bien doublé, bonne étoffe bien forte. Celui-ci, dit le Vent, prétend avoir pourvu A tous les accidents, mais il n'a pas prévu

Que je saurai souffler de sorte Qu'il n'est bouton qui tienne : il faudra, si je veux,

Que le manteau s'en aille au diable.

L'ébattement pourrait nous en être agréable : Vous plait-il de l'avoir ? Eh bien ! gageons nous deux,

Dit Phebus, sans tant de paroles, A qui plus tôt aura dégarni les épaules

Du cavalier que nous voyons.

Commencez : Je vous laisse obscurcir mes rayons. 11 n'en fallut pas plus. Notre souffleur a gage Se gorge de vapeurs, s'enfle comme un ballon.

Fait un vacarme de démon.

Siffle, souffle, tempête, et brise en son passage Maint toit qui n'en peut mais, fait périr maint bateau :

Le tout au sujet d'un manteau.

Le cavalier eut soin d'empêcher que l'orage

Ne se pût engouffrer dedans.

Cela le préserva. Le Vent perdit son temps ; Plus il se tourmentait, plus l'autre tenait ferme : Il eut beau faire agir le collet et lesplis.

Sitôt qu'il fut au bout du terme

Qu'à la gageure on avait mis.

Le Soleil dissipe la nue.

Récrée et puis pénètre enfin le cavalier,

Sous son balandras fait qu'il sue.

Le contraint de s'en dépouiller :

Encor n'usa-t-il pas de toute sa puissance.

Plus fait douceur que violence.

Tables de "La Tontjijme

Lir^E Sixième

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