‹ Fables. IllustréesChapitre 72 sur 166 · JUPITER ET LE METAYER · texte numérisé non relu

JUPITER ET LE METAYER

Jupiter eut jadis une ferme à donner.

Mercure en fit l'annonce, et gens se présentèrent,

Firent des offres, écoutèrent :

Ce ne fut pas sans bien tourner ;

L'un alléguait que l'héritage Etait frayaint et rude, et l'autre un autre si.

Pendant qu'ils marchandaient ainsi.

Un d'eux, le plus hardi, maiis non pas le plus sage. Promit d'en rendre tant, pourvu que Jupiter

Le laissât disposer de l'mr.

Lui donnât saison a sa guise.

Qu'il eût du chaud, du froid, du beau temps, de la bise.

Enfin du sec et du mouillé.

Aussitôt qu'il aurait baillé. Jupiter y consent. Contrat passé, notre homme Tranche du roi des airs, pleut, vente, et fait en somme Un climat pour lui seul : ses plus proches voisins Ne s'en sentaient non plus que les Américains. Ce fut leur avantage : ils eurent bonne année.

Pleine moisson, pleine vmée.

Monsieur le receveur fut très mal partagé.

L'an suivant, voilà tout changé :

11 ajuste d'une autre sorte

La température des cieux.

Son champ ne s'en trouve pas mieux ; Celui de ses voisins fructifie et rapporte. Que fait-il ? Il recourt au monarque des dieux ;

Il confesse son imprudence.

Jupiter en usa comme un medtre fort doux.

Concluons que la Providence

Sait ce qu il nous faut mieux que nous.

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Tables de Iji Fomtaimb

Lirj{E Sixième

Le mulet d'un prélat se piquait de noblesse, Et ne parlait incessamment Que de sa mère la jument, Dont il contait mainte prouesse.

Elle avait fait ceci, puis avait été la. Son fils prétendait pour cela Qu'on le dût mettre dans 1 histoire.

Il eût cru s'abaisser servant un médecin.

Etant devenu vieux, on le mit au moulin :

Son père 1 àne alors lui revint en mémoire. Quand le malheur ne serait bon Qu'à mettre un sol à la raison.

Toujours serait-ce à juste cause Qu'on le dit bon à quelque chose.

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