‹ Fables. IllustréesChapitre 73 sur 166 · Livre Sixiejhe · texte numérisé non relu

Livre Sixiejhe

L'n souriceau lout jeune, et qui n avait rien vu,

Fut presque pris au dépourvu.

Voici comme il conta l'aventure à sa mère : J'avais franchi les monts qui bornent cet Etat,

Et trottais comme un jeune rat

Qui cherche à se donner carrière, Lorsque deux animaux m'ont arrête les yeux :

L'un doux, bénin et gracieux.

Et l'autre turbulent, et plein d'inquiétude; a la voix perçante et rude.

Sur la léle un morceau de chair, L'ne sorte de bras dont il s'élève en l'air

Comme pour prendre sa volée,

La queue en |)anache étalée.

Or, c'était un cochet dont notre souriceau

Fit à sa mère le tableau Comme d'un animai venu de l'Amérique, se battait, dit-il, les flancs avec ses bras.

Faisant tel bruit et tel fracas, Que moi, qui grâce aux dieux de courage me pique.

En ai pris la fuite de peur.

Le maudissant de très bon cœur.

Sans lui j'aurais fait connaissance Avec cet animal qui m'a semblé si doux :

est velouté comme nous.

Marqueté, longue queue, une humble contenance, Un modeste regard, et pourtant l'œil luisant.

Je le crois fort sympathisant .Avec messieurs les rats ; car il a des oreilles

En figure aux nôtres 'pareilles.

Je l'allais aborder, quand d'un son plein d'éclat

L'autre m'a fait prendre la fuite.

Mon fils, dit la souris, ce doucet est un chat.

Qui, sous son minois hypocrite.

Contre toute ta parenté

D'un malin vouloir est porté.

L'autre animal, tout au contraire.

Bien éloigné de nous mal faire, .Servira quelque jour peut-être à nos repas. Quant au chat, c'est sur nous qu'il fonde sa cuisine.

Garde-toi, tant que tu vivras.

De juger des gens sur la mine.

Tjibles de 'L \ 'FoMT.,imB

UrnB Sixième

Page 1