LE VILLAGEOIS ET LE SERPENT
Esope conte qu'un manant.
Charitable autant que peu sage,
Un jour d'hiver se promenant
A l'entour de son héritage.
Aperçut un serpent sur la neige étendu.
Transi, gelé, perclus, immobile rendu.
N'ayant pas à vivre un quart d'heure.
Le villageois le prend, l'emporte en sa demeure ;
Et sans considérer quel sera le loyer
D'une action de ce mérite,
11 l'étend le long du foyer.
Le réchauffe, le ressuscite.
L'animal engourdi sent à peine le chaud. Que l'âme lui revient avecque la colère. Il lève un peu la tête, et puis siffle aussitôt ; Puis fait un long repli, puis tâche à faire un saul Contre son bienfaiteur, son sauveur et son père. Ingrat, dit le manant, voila donc mon salaire ! Tu mourras ! A ces mots, plein d'un juste courroux,
Il fait trois serpents de deux coups :
Un tronçon, la queue, et la tête.
L'insecte, sautillant, cherche à se réunir ;
Mais il ne put y parvenir.
Il est bon d'être charitable :
Mais envers qui ? c'est là le point.
Quant aux ingrats, il n'en est point
Qui ne meure enfin misérable.
Tjibles de La ToNTJimE
"LiriiB Sixième
De par le roi des animaux.
Qui dans son antre était malade.
Fut fait savoir à ses vassaux
Que chaque espèce en ambassade
Envoyât gens le visiter,
Sous promesse de bien traiter
Les députés, eux et leur suite.
Foi de lion, très bien écrite :
Bon passeport contre la dent.
Contre la griffe tout autant.
L'édit du prince s'exécute :
De chaque espèce on lui députe.
Les renards gardant la maison.
Un d'eux en dit cette raison :
Les pas empreints sur la poussière Par ceux qui s'en vont faire au malade leur cour. Tous, sans exception, regardent sa tanière ;
Pas un ne marque de retour :
Cela nous met en méfiance.
Que sa majesté nous dispense :
Grand merci de son passeport.
Je le crois bon : mais dans cet antre
Je vois fort bien comme l'on entre.
Et ne vois pas comme on en sort.
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Lirj(E Sixième
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