‹ Fables. IllustréesChapitre 83 sur 166 · VI 143 K · texte numérisé non relu

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*i T.4BLES DE La FomAlME

- Livj^E Septième

Se font un cliimerlque empire.

Ainsi dit le renard ; et flatteurs dapplaudir.

On n'osa trop approfondir Du tigre, ni de l'ours, ni des autres puissances,

Les moins pardonnables offenses :

Tous les gens querelleurs, jusqu aux simples malins. Au dire de chacun, étaient de petits saints. L'àne vint à son tour, et dit : J'ai souvenance

Qu'en un pré de moines passant, La faim, l'occasion, I herbe tendre, et je pense.

Quelque diable aussi me poussant.

Je tondis de ce pré la largeur de ma langue : Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net. A ces mots, on cria haro sur le baudet. Un loup, quelque peu clerc, prouva par sa harangue Qu il fallait dévouer ce maudit animal. Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal. Sa peccadille fut jugée un cas pendable. Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !

Rien que la mort n'était capable D'expier son forfait. On le lui fit bien voir. Selon que vous serez puissant ou misérable. Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

Tables de Lji To^NTAmt

"LivnB Septième

Que le bon soit toujours camarade du beau.

Dès demain je chercherai femme ; Mais comme le divorce entre eux n'est pas nouveau; Et que peu de beaux corps, hôtes d'une belle âme.

Assemblent l'un et l'autre point.

Ne trouvez pas mauvais que je ne cherche pomt. J'ai vu beaucoup d'hymens ; aucuns d'eux ne me tentent. Cependant des humains presque les quatre parts S'exposent hardiment au plus grand des hasards ; Les quatre parts aussi des humains se repentent. J'en vais alléguer un qui, s'étant repenti.

Ne put trouver d'autre parti

Que de renvoyer son épouse,

Querelleuse, avare et jalouse.

Rien ne la contentait, rien n'était comme il faut : On se levait trop tard, on se couchait trop tôt ; Puis du blanc, puis du noir, puis encore autre chose. Les valets enrageaient ; l'époux était a bout : Monsieur ne songe à nen, monsieur dépense tout.

Monsieur court, monsieur se repose.

Elle en dit tant, que monsieur, à la fin.

Lassé d'entendre un tel lutin,

Vous la renvoie à la campagne Chez ses parents. La voilà donc compagne De certaines Philis qui gardent les dindons.

Avec les gardeurs de cochons.

Au bout de quelque temps qu'on la crut adoucie. Le mari la reprend. Eh bien ! qu'avez-vous fait ?

Comment passiez-vous votre vie ?

L'innocence des champs est-elle votre fait ?

Assez, dit-elle : mais ma peine Etait de voir des gens plus paresseux qu'ici ;

Ils n'ont des troupeaux nul souci.

Je leur savais bien dire, et m'attirais la haine

De tous ces gens si peu soigneux.

Eh ! madame, reprit son époux tout à l'heure.

Si votre esprit est si hargneux

Que le monde qui ne demeure Qu'un moment avec vous, et ne revient qu'au soir.

Est déjà lassé de vous voir.

Que feront des valets qui, toute la journée.

Vous verront contre eux déchaînée ?

Et

que pourra faire un époux

Que vous voulez qui soit nuit et jour avec vous ? Retournez au village : adieu. Si de ma vie

Je vous rappelle, et qu'il m'en prenne envie, Puissé-je chez les morts avoir, pour mes péchés. Deux femmes comme vous sans cesse à mes côtés 1

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