‹ Fables (volume 2)Chapitre 101 sur 193 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

Volontiers on fait cas d'une terre étrangère;

Volontiers gens boiteux haïssent le logis. Deux canards , à qui la commère Communiqua ce beau dessein,

Lui dirent qu'ils avoient de quoi la satisfaire.

Voyez-vous ce large cb

Nous vous voiturerons, par l'air, eu Améritj le :

Vous verrez mainte république , Maint royaume, maint peuple; et vous profiterez Des différentes mœurs que vous remarquerez. Ulysse eu fit autant. On ne s'attendoit guère

De voir Ulysse en cette affaire.

La tortue écouta la proposition.

Marché fait, les oiseaux forgent une machine

Pour transporter la pèlerine.

Dans la gueule, eu travers, on lui passe un bâton. Serrez bien, dirent-ils; gardez de lâcher prise. Puis chaque canard prend ce bâton par un bout, La tortue enlevée, on s'étonne partout

De voir aller en cette guise

L'animal lent et sa maison , Justement au milieu de l'un et l'autre oison '. Miracle! crioit-ou : venez voir dans les nues

Passer la reine des tortues.

La reine ! vraiment oui : je la suis en effet ;

1 Oison n'a jamais signifié que le petit d'une oie, et par métaphore une personne simple et bornée. (W.)

Ne vous en moquez point. Elle ei'i i beaucoup mieux fait De passer son chemin sans dire aucune chose ; Car, lâchant le bâton en desserranl les d< nt-. Elle tombe , elle crève aux pieds des regardants.

Son indiscrétion de sa perte fut cause.

Imprudence, babil, et sotte vanité, Et vaine curiosité , Ont ensemble étroit parentage.:

Ce sont enfants tous d'un lignage '.

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FABLE IV

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