LIVRE X
N'ayant ni Hlets m réseaux, Souffroit nue disette extrême.
Qne rit-il? Le besoin, docteur en stratagème, Lui fournit celui-ci. Sur le bord d'uu étang
Cormoran vit une écrevisse.
Ma commère, dit-il, allez tout à l'instant
Porter un avis important
A ce peuple : il faut qu'il périsse ; Le maître de ce lieu dans huit jours péchera.
L'écrevisse en hâte s'en va
Conter le cas. Grande est l'émute ' ;
On court, on s'assemble, on députe
A l'oiseau : Seigneur Cormoran, D'où vous vient cet avis? Quel est votre garant?
Etes-vous sûr de cette affaire?
N'y savez-voHS remède? Et qu'est-il bon de faire? Changer de lieu, dit-il. — Comment le ferons-nous ? N'en soyez point eu soin : je vous porterai tous,
L'un après l'autre, en ma retraite.
Nul que Dieu seul et moi n'en conuoît les chemins :
Il n'est demeure plus secrète.
L'u vivier que Nature y creusa de ses mains.
Inconnu des traîtres humains,
Sauvera votre république.
Ou le crut. Le peuple aquatique
L'un après l'autre fut porté
1 Émule pour émettte, par licence poétique
Sous ce rocher peu fréquenté.
Là, cormoran Le bon apôtre,
Les ayant mis eu un endroit
Transparent, peu creux, fort étroit, Vous les prenoit sans peine, un jour l'un, un jour l'autre
Il leur apprit à leurs dépens Que l'on ne doit jamais avoir de confiance
En ceux qui sont mangeurs de gens.
Ils y perdirent peu, puisque l'humaine engeance Eu auroit aussi bien croqué sa bonne part. Qu'importe qui vous mange, homme ou loup ? toute pan]
Me paroît une à cet égard :
Un jour plus tôt, un jour plus tard,
Ce n'est pas grande différence.
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l'ehfouisseur ET SON COMPÈRE.
Un pincemaille' avoit tant amassé Qu'il ne savoit où loger sa finance.
L'avarice, compagne et sœur de l'ignorance, Le rendoit fort embarrassé
1 C'est-à-dire un avare. La maille étoit autrefois la plus petite uionnoic de cuivre, et équivalent à une obole.