‹ Fables (volume 2)Chapitre 136 sur 193 · LE DUC DE BOURGOGNE · texte numérisé non relu

LE DUC DE BOURGOGNE

qu'on en peut tirer. Si vous vous connoissez maintenant en orateurs et en poètes, vous vous connoitrez encore mieux quelque jour en bons politiques et en bons généraux d'armée ; et vous vous tromperez aussi peu au choix des personnes qu'au mérite des actions. Je ne suis pas d'un âge à espérer d'en être témoin1. Il faut que je me contente de travailler sous vos ordres. L'envie de vous plaire me tiendra lieu d'une imagination que les ans ont affoiblie : quand vous souhaiterez quelque fable, je la trouverai dans ce fonds-là. Je voudrais bien que vous y pussiez trouver des louanges dignes du monarque qui fait maintenant le destin de tant de peuples et de nations, et qui rend toutes les parties du inonde attentives à ses conquêtes, à ses victoires, et à la paix qui semble se rapprocher, et dont il impose les conditions avec toute la modération que peuvent souhaiter nos ennemis. Je me le figure comme un conquérant qui veut mettre des bornes à sa gloire et à sa puissance, et de qui

1 La Fontaine étoit alors âgé de soixante-treize ans.

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on pourrait dire, à meilleur titre qu'on ne l'a dit d'Alexandre, qu'il va tenir les états de l'univers, en obligeant les ministres de tant de princes de s'assembler pour terminer une guerre qui ne peut être que ruineuse à leurs maîtres1. Ce sont des sujets au-dessus de nos paroles : je les laisse à de meilleures plumes que la mienne ; et suis avec un profond respect,

Monseigneur,

Votre Lrès-huuibie, très-obéissant,

et très-fidèle serviteur,

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