‹ Fables (volume 2)Chapitre 147 sur 193 · LF VIEUX CHAT ET LA JEUNE SOURIS · texte numérisé non relu

LF VIEUX CHAT ET LA JEUNE SOURIS

L'ne jeune souris, de peu d'expérience,

Crut fléchir un vieux chat, implorant sa clémence.

Et pavant de raisons le Raminagrobis.

Laissez-moi vivre : une souris

De ma taille et de ma dépense

Est-elle à charge en ce logis ?

Affamerois-je, à votre avis,

L'hôte, l'hôtesse, et tout leur monde?

D'un grain de blé je me nourris :

L'ne noix me rend toute ronde.

A présent je suis maigre ; attendez quelque temps : Réservez ce repas à messieurs vos enfants. Ainsi parloit au chat la souris attrapée.

L'autre lui dit : Tu t'es trompée :

Est-ce à moi que l'on tient de semblables discours? Tu gagnerois autant de parler à des sourds. Chat et vieux, pardonner! cela n'arrive guères.

Selon ce» Lois, descends là-bas, Meurs, et va-t'en, tout de ce pas, Haranguer les sœurs filandières :

Mes enfants trouveront assez d'autres repas.

Il tint parole. Et pour ma fable, Voici le sens moral qui peut v convenir :

La jeuuesse se flatte, et croit tout obtenir : La vieillesse est impitoyable.

FABLE VI

LE CRRF MALADE.

En pays plein de cerfs un cerf tomba malade. Incontinent maint camarade

Accourt à son {jrabat le voir, le secourir,

Le consoler du moins : multitude importune. Eli! messieurs, laissez-moi mourir :

Permettez qu'en forme commune

La Parque m'expédie, et finissez vos pleurs. Point du tout : les consolateurs

De ce triste devoir tout au long s'acquittèrent, Quand il plut à Dieu s'en allèrent :

Ce ne fut pas sans boire un coup,

C'est-à-dire sans prendre un droit de pâturage.

Tout se mit à brouter les bois du voisinage.

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