LA QUERELLE DES CHIENS ET DES CHATS, ET CELLE DES CHATS ET DES SOURIS
La discorde a toujours régné dans l'univers; Notre monde eu fournit mille exemples divers; Chez nous cette déesse a plus d'un tributaire.. Commençons par les éléments :
Vous scie/ étonnés de voir qu'à tous moments Ils seront appointés contraire.
Outre ces quatre potentats', Combien d'êtres de tous états Se font une guerre éternelle !
Autrefois un Logis plein de <-h i eus et de fliats. Par cent arrêts rendus en forme solennelle,
Vit terminer tous leurs débats.
Le maître avant réglé leurs emplois, leurs repas. Et menacé du fouet quiconque auroit querelle, Os animaux vivoient entre eux comme cousins. Cette union si douce, et presque fraternelle,
Édifioit tous les voisins.
Enfin elle cessa. Quelque plat de potage. Quelque os, par préférence, à quelqu'un d'eux donné, Fit que l'autre parti s'en vint tout forcené
Représenter un tel outrage, .l'ai vu des chroniqueurs attribuer le cas Aux passe-droits qu'avoit une cbienne en gésine2.
Quoi qu'il en soit, cet altercas3
1 L'eau, l'air, la terre, et le feu.
2 Vieux mot, encore usité au palais : il signifie l'état d'une femme en couche, et il s'appliquoit aussi aux animaux. Rabelais a dit : * Les truies, en leur gésine, ne « sont nourries que de fleurs d'orangers. « Pantagruel, liv. IV, cl,, vu. (W.)
3 Vieux mot, pour altercation.