LIVRE XII. -23ïi
Et d'habit,
Traversoient un bout de prairie.
Le hasard les assemble en un coin détourné. L'agace ' eut peur : mais l'aigle, ayant fort bien dîné, La rassure, et lui dit : Allons de compagnie : Si le maître des dieux assez souvent s'ennuie,
Lui qui gouverne l'univers, J'en puis bien faire autant, moi qu'on sait qui le sers. Entretenez-moi donc, et sans cérémonie.
Caquet-bon-bec2 alors de jaser au plus dru, Sur ceci, sur cela, sur tout. L'homme d'Horace, Disant le bien, le mal, à travers champs, n'eût su Ce qu'en fait de babil y savoit notre agace. Elle offre d'avertir de tout ce qui se passe,
Sautant, allant de place eu place, Bon espion, Dieu sait. Son offre ayant déplu,
L'aigle lui dit tout en colère :
Ne quittez point votre séjour, Caquet-bon-bec, m'amie : adieu; je n'ai que faire
D'une babillarde à ma cour ;
C'est un fort méchant caractère.
Margot ne demandoit pas mieux.
Ce n'est pas ce qu'on croit que d'entrer chez les dieux : Cet honneur a souvent de mortelles angoisses.
i Vieux moL pour désigner la pie.
2 Cette expression vraiment comique est de la création de notre poète. Elle a réussi.
Rediseurs, espions, gens à L'air gracieux, Au cœur tout différent, s'y rendent odieux; Quoique ainsi que la pie il faille dans ces lieux Porter habit des deux paroisses1.
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FABLE XIÎ.