‹ Fables (volume 2)Chapitre 171 sur 193 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

Il se vit donc réduit à commencer lui-même. Mon cousin Jupiter, dit-il, verra dans peu Un assez beau combat, de sou troue suprême;

Toute sa cour verra beau jeu.

Quel combat? dit le singe avec un front sévère. L'élépbaut repartit : Quoi? vous ne savez pas Que le rhinocéros me dispute le pas; Ou'Eléphautide a guerre aveeque Rhinocère? Vous commisses ces lieux, ils ont quelque renom. Vraiment je suis ravi d'en apprendre le nom, Repartit maître Gille. on ne s'entretient guère De semblables sujets dans nos vastes lambris.

L'élépbaut, honteux et surpris, Lui dit : Eli ! parmi nous que venez-vous donc faire? — Partager un brin d'herbe entre quelques fourmis : Nous avons soin de tout. Et quant à. votre affaire. ( m u'en dit rien encor dans le conseil des dieux : Le- p tits et les grands sont égaux à leurs yeux.

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FABLE XXII

IN lOl' ET IN SAGE.

Certain fou poursuivent à coups de pierre un sage. Le sage se retourne, et lui dit : Mon ami. C'est fort bien fait à toi, reçois cet écu-ci. Tu fatigues assez pour gagner davantage; Toute peine, dit-on, est digne de loyer1. Vois cet homme qui passe, il a de cpioi payer ; Adresse-lui tes dons, ils auront leur salaire. Amorcé par le gain, notre fou s'en va faire

Même insulte à l'autre bourgeois.

On ne le pava pas eu argent cette fois. Maint estafier accourt; on tous happe notre homme,

On vous l'échiné, ou vous l'assomme.

Auprès des rois il est de pareils fous : A vos dépens ils fout rire le maître.

Pour réprimer leur babil, irez-vous Les maltraiter? vous n'êtes pas peut-être Assez puissant. Il faut les engager A s'adresser à qui peut se venger.

1 De salaire, de récompense.

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