LIVRE XII
Pour vous mieux contempler, demeurez au désert.
.Ainsi parla le solitaire.
Il fut cru ; l'on suivit ce conseil salutaire.
Ce n'est pas qu'un emploi ne doive être souffert.
Puisqu'on plaide et qu'on meurt, et qu'on devient malade,
Il faut des médecins, il faut des avocats ;
Ces secours, grâce à Dieu, ne nous manqueront pas :
Les honneurs et le gain, tout me le persuade.
Cependant on s'oublie en ces communs besoins.
O vous, dont le public emporte tous les soins,
Magistrats, princes, et ministres, Vous que doivent troubler mille accidents sinistres. Que le malheur abat, que le bonheur corrompt, Vous ne vous vovez point, vous ne vovez personne. Si quelque bon moment à ces pensers vous donne,
Quelque flatteur vous interrompt.
Cette lernn sera la fin de ces ouvrages : Pnisse-t-elle être utile aux siècles à venir! Je la présente aux rois, je la propose aux sages : Par où saurois-je mieux finir?