‹ Fables (volume 2)Chapitre 181 sur 193 · PH ILE MON ET H A CCI S · texte numérisé non relu

PH ILE MON ET H A CCI S

1! lit au front de ceux qu'un vain luxe environne

Que la Fortune vend ce qu'on croit qu'elle donne.

Approche-t-i] du but, qnitte-t-il ce séjour,

Rien ne trouble sa fin : c'est le soir d'uu bean jour.

Philémon et Eaucis nous en offrent l'exemple :

Tous deux \ ireut changer leur cabane en an temple.

Hyménée et l'Amour, par des désirs constants,

A voient uni Leurs cœurs dès leur plus doux printemps.

Ni le temps ni l'hymen n'éteignirent leur flamme;

Clothon prenoil plaisir ;'i filer cette trame.

Ils surent cultiver, sans se voir assistés,

Leur enclos et leur champ par deux fois vingt êtes.

Eux seuls ils composoient toute leur république :

Heureux de ne devoir à pas un domestique

Le plaisir ou le gré (\>^ soins qu'ils se rendoienl !

Tout sieillit : sur leur front les rides s'étendoient;

L'amitié modéra leurs feux sans les détruire,

Et par des traits d'amour sut en cor se produire.

ils habitoient un bourg plein de fjens dont le eoiir Joignoit aux duretés \\\i sentiment moqueur. Jupiter résolut d'abolir cette engeance.

Il part avec sou fils, le dieu de l'éloquence1 : Tous deux en pèlerins vont visiter ces lieux. Mille lo;;is y sont, un seul ne s'ouvre aux dieux.

1 Mercure.

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