LF. CURE ET LE MORT
Un mort s'en alloit tristement
S'emparer de son dernier gîte ;
Un cnré s'en alloit gaiement
Enterrer ce mort au plus vite.
Notre défunt étoit en carrosse porté ,
Bien et dûment empaqueté , Et vêtu d'une robe, hélas! qu'on nomme bière.
Robe d'hiver, robe d'été,
Que les morts ne dépouillent guère.
Le pasteur étoit à côté,
Et récitoit, à l'ordinaire,
Maintes dévotes oraisons ,
Et des psaumes et des leçons,
Et des versets et des répons :
Monsieur le mort, laissez-nous faire, On vous en donnera de toutes les façons ;
Il ne s'agit que du salaire.
Messire Jean Chouart couvait des yeux son mort . Comme si l'on eut dû lui ravir ce trésor;
Et des regards sembloit lui dire :
Monsieur le mort, j'aurai de vous
Tant en argent , et tant en cire ,
Et tant en autres menus coûts.
Il fondoit là-dessus l'achat d'une feuillette
Du meilleur vin des environs :
Certaine nièce assez proprette
Et sa chambrière Pâquette
Dévoient avoir des cotillons.
Sur cette agréable pensée
Un heurt survient : adieu le char,
Voilà messire Jean Chouart Qui du choc de son mort a la tête cassée. Le paroissien en plomb entraîne son pasteur
Notre curé suit son seigneur ;
Tous deux s'en vont de compagnie.
Proprement toute notre vie Est le curé Chouart qui sur son mort comptoit , Et la fable du Pot au lait.
FABLE XII
l'homme oui court après la fortune , et l'homme oui l'attend dans son lit.
Qui ne court après la Fortune?
Je voudrais être en lieu d'où je puisse aisément