LIVRE VII
La paix fait nos souhaits, et non point nos soupirs, Charles l en sait jouir : il sauroit dans la guerre Signaler sa valeur, et mener l'Angleterre A ces jeux qu'en repos elle voit aujourd'hui. Cependant s'il pouvoit apaiser la querelle, Que d'encens ! Est-il rien de plus digne de lui - ? La carrière d'Auguste a-t-elle été moins belle Que les fameux exploits du premier des Césars? O peuple trop heureux ! quand la paix viendra-t-elle Nous rendre, comme vous, tout entiers aux beaux arts ?
1 Charles II, roi d'Angleterre.
3 On voit par ces vers que cette fable a été composée vers le commencement de l'année 1677. Alors les puissances se trouvoient épuisées par la guerre, et desiroient la paix. L'Angleterre, qui seule étoit restée neutre, devint, par cette raison, l'arbitre des négociations qui se poursuivoient à Nimègue. Toutes les parties belligérantes invoquoient sa médiation ; mais Charles II se trouvoit fort embarrassé, parce que ses liaisons secrètes avec Louis XIV lui faisoient désirer de prescrire des conditions qui fussent avantageuses à ce monarque, et que d'un autre côté il craignoit l'opinion du peuple anglois, si, trahissant les intérêts de l'Angleterre, il ne favorisoit pas les nations alliées et coalisées contre la France. (Voyez Hume's Hist. o/Etigîand, ch. Lxvr, t. VIII, p. 2ï. London. 1782, in-8°.) (W.) . M