LIVRE VIII
Pour vous eu servir au besoiu.
Le savetier crut voir tout l'argent que la terre
Avoit, depuis plus de cent ans,
Produit pour l'usage des gens.
Il retourne chez lui : dans sa cave il enserre
L'argent , et sa joie à la fois.
Plus de chant : il perdit la voix Du moment qu'il gagna ce qui cause nos peines.
Le sommeil quitta sou logis;
Il eut pour hôte les soucis,
Les soupçons, les alarmes vaines.
Tout le jour il avoit l'œil au guet; et la nuit,
Si quelque chat faisoit du bruit, Le chat prenoit l'argent. A la fin le pauvre homme S'en courut chez celui qu'il ne réveilloit plus : Rendez-moi, lui dit-il, mes chansons et mon somme,
Et reprenez vos cent écus.
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FABLE III