‹ Fables (volume 2)Chapitre 46 sur 193 · LE RIEUR ET LES POISSONS · texte numérisé non relu

LE RIEUR ET LES POISSONS

On cherche les rieurs; et moi je les évite.

Cet art veut, sur tout autre, uu suprême mérite:

Dieu ne créa que pour les sots

Les méchants diseurs de bons mots.

J'en vais peut-être en une fable

Introduire uu; peut-être aussi Que quelqu'un trouvera que j'aurai réussi.

lin rieur étoit à la table D'uu financier, et u'avoit en son coin Que de petits poissons : tous les gros étoient Loin. 11 prend donc les menus, puis leur parle à l'oreille :

Et puis il feint, à la pareille, D'écouter leur réponse. Ou demeura surpris:

Cela suspendit les esprits.

Le rieur alors, d'un tou sage,

Dit qu'il craignoit qu'uu sien ami ,

Pour les grandes Indes parti ,

Veut depuis un an fait naufrage.

Il s'eu informoit done à ce menu fretin : Mais tous lui répondoient qu'ils n'étoient pas d'un âge

A savoir au vrai son destin :

Les gros en sauroient davantage.

N'en puis-je donc, messieurs, un gros interroger?

De dire si la compagnie

Prit goût à sa plaisanterie , J'en doute; mais enfin il les sut engager A lui servir d'un monstre assez vieux pour lui dire Tous les noms des chercheurs de mondes inconnus

Qui n'en étoienl pas revenus , Kl que depuis cent ans sous l'abîme avoieut vus

Les anciens du vaste empire.

FABLE IX

LK RAT ET l'iIUITRE.

I*n rat, hôte d'un champ , rat de peu de cervelle , Des lares paternels un jour se trouva soûl. Il laisse là le champ, le grain, et la javelle,

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