‹ Fables (volume 2)Chapitre 49 sur 193 · LIVRE VI If · texte numérisé non relu

LIVRE VI If

FABLE XI

LF.^ DEUX AMIS.

Deux vrais amis vivoient au Monomotapa; L'un ne possèdent rieu qui n'appartînt à l'autre.

Les amis Je ce pays-là

Valent bien, dit-on, ceux du nôtre.

L'ne nuit que chacun s'occupoit au sommeil, Et mettoit à profit l'absence du soleil, L'n de nos deux amis sort du lit en alarme ; Il court chez sou intime, éveille les valets : Morphée avoit touché le seuil de ce palais. L'ami couché s'étonne ; il prend sa bourse, il s'arme, Vient trouver l'autre, et dit : Il vous arrive peu De courir quand on dort ; vous me paroissiez homme A mieux user du temps destiné pour le somme : N'auriez-vous point perdu tout votre argent au jeu? En voici. S'il vous est venu quelque querelle, J'ai mon épée ; allons. Vous ennuvez-vous point De coucher toujours seul? une esclave assez belle Étoit à mes côtés : voulez-vous qu'on l'appelle ? Non, dit l'ami, ce n'est ni l'un ni l'autre poin .

fifi FABLES.

Je vous rends grâce de ce zèle.

Vous m'êtes, en dormant, nn peu triste apparu; J'ai craint qu'il ne fût vrai; je suis vite accouru.

Ce maudit songe en est la cause.

Qui d'eux aimoit le mieux? Que t'en semble, lecteur?

Cette difficulté vaut bien qu'on la propose.

Qu'un ami véritable est une douce cbose !

11 cherche vos besoins au fond de votre cœur; Il vous épargne la pudeur De les lui découvrir vous-même :

I ii songe, un rien, tout lui fait peur Quand il s'agit de ce qu'il aime.

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FABLE XII

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