LIVRE VII
De les mener voir Tabarin '.
Dom pourceau erioit en chemin Comme s'il avoit eu cent bouchers à ses (rousses : C'était nue clameur à rendre les gens sourds. Les autres animaux , créatures plus douces , Bonnes gens, s'étouuoient qu'il criât au secours;
Ils ne voyaient nid mal à craindre.
Le cliarton dit au porc : Qu'as-tu tant à te plaindre? Tu nous étourdis tous : que ne te tiens-tu coi? Ces deux personnes-ci, plus honuétes que loi, Devraient Rapprendre à vivre, ou du moins à te taire Regarde ce mouton; a-t-il dit un senl mot?
Il est sage. Il est un sol .
Repartit le cochon : s'il savoit son affaire, Il crieroit, comme moi, du haut de son gosier:
Kl cette autre personne honnête
1 Tabarin étoit le bouffon gagé d'un nommé Mondor, vendeur de baume et d'onguent, qui avoit établi son tbéàtre sur la place du Pont-Xeuf, du côté de la p'ace Daupbine. au commencement du dix-septième siècle. Les farces comiques et ordurières qui y furent jouées eurent un succès prodigieux, et servirent à duper et à divertir la cour et la ville. Tabarin en acquit une telle célébrité qu'on imprima ses lazzi, et que ce recueil eut six éditions ; il est intitulé Recueil général et fantaisies de Tabarin, divisé en deux parties , etc. Paris, 1625. Cette fable de La Fontaine et queljues vers de Eoileau ont procuré à Tabarin une sorte d'immortalité qu'il n'auroit pas obtenue par son insipide recueil et par son ignoble talent.
Crieroit tout du haut de sa tête.
Ils pensent qu'on les veut seulement décharger, La chèvre de son lait, le mouton de sa laine :
Je ne sais pas s'ils ont raison;
Mais quant à moi, qui ne suis bon
Qu'à mander, ma mort est certaine.
Adieu mon toit et ma maison.
Dom pourceau raisonuoit en subtil personnage : Mais que lui servoit-il? Quand le mal est certain, La plainte ni la peur ne changent le destin; Et le moins prévoyant est toujours le plus sage.
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FABLE XIII
TIRCIS ET AMAHANTF.