‹ Fables (volume 2)Chapitre 63 sur 193 · LIVRE V! II · texte numérisé non relu

LIVRE V! II

Petit, petit, petit! mais, loin de s'y lier, Le Normand et demi laissoit les gens crier. Serviteur, disoit— il ; votre appât est grossier:

On ne m'y tient pas; et pour cause.

Cependant un faucon sur sa perche voyait

Notre Manseau qui s'enfuvoit.

Les chapons ont en nous fort peu de confiance,

Soit instinct, soit expérience.

Celui-ci, qui ne fut qu'avec peine attrapé, Devoit, le lendemain, être d'un grand soupe, Fort à l'aise en un plat : honneur dont la volaille

Se seroit passée aisément.

L'oiseau chasseur lui dit : Ton peu d'entendement Me rend tout étonné. Vous n'êtes que racaille, Gens grossiers, sans esprit, à qui l'on n'apprend rien. Pour moi, je sais chasser, et revenir au maître.

Le vois-tu pas à la fenêtre?

Il t'attend : es-tu sourd? Je n'entends que trop bien, Repartit le chapon : mais cpie me veut-il dire, Et ce beau cuisinier armé d'un grand couteau?

Reviendrois-tu pour cet appeau?

Laisse-moi fuir; cesse de rire De l'indocilité qui me fait envoler Lorsque d'un ton si doux on s'en vient m'appeler.

Si tu voyois mettre à la broche

Tous les jours autant de faucons

Que j'y vois mettre de chapons, Tu ne me ferois pas un semblable reproche.

TABLE XX II

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