‹ Fables (volume 2)Chapitre 62 sur 193 · LIVRE VIII. S · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. S

Ou lui dit qu'il étoit père, Et qu'il laissât, pour le mieux.

A quelqu'un des autres dieux D'autres tonnerres à faire.

Vulcain ! eutreprit l'affaire.

Ce dieu remplit ses fourneaux De deux sortes de carreaux-:

L'un jamais ne se fourvoie; El c'est celui rpie toujours L'Olvmpe eu corps nous envoie :

L'autre s'écarte en son cours; Ce n'est qu'aux monts qu'il en coûte : Bien souvent même il se perd; Et ce dernier en sa route Nous vieut du seul Jupiter.

1 Var. La Fontaine, comme tous ses contemporains, cci it toujours Vitlcan. Cette orthographe, plus conforme à l'étymologie, introduiroit dans ce vers une désagr 'able cacophonie.

2 Le carrel, ou le carreau, ou quarriau, étoit une flèche fort grosse, dont le fer avoit la pointe triangulaire. Les poëtes ont fait de carreaux le synonyme de foudres, et n'emploient ce mot qu'au pluriel. (W.)

FABLE XXI

LE i ATCO.N l'T LE CHAPON.

Une traîtresse voix bien souvent vous appelle :

Ne vous pressez doue nullement :

Ce n'étoit pas un sot, non, nou, et croyez-m'en,

One le chien de Jean de Nivelle '.

lu citoyen du Mans, chapon de .sou métier,

Ktoit sommé de comparoître

Par-devant les lares du maître, Au pied d'un tribunal que uous nommons foyer. Tous les gens lui crioient, pour déguiser la chose :

1 Allusion au proverbe qui dit : 7/ ressemble au chien de Jean de Nivelle, qui s'enfuit quand on f appelle. La Fontaine paroit avoir ignoré l'origine de ce proverbe, qu'on raconte de la manière suivante : Jean 11, duc de Montmorency, voyant que la guerre alloit se rallumer avec Louis XI et le duc de Bourgogne, fit sommer à son de trompe ses deux fils, Jean de Nivelle et Louis de Fosseuse, de quitter la Flandre , où ils avoient des biens considérables, et de venir servir le roi : aucun des deux ne voulut se rendre à cette sommation. Leur père irrité les traita de chiens, et les déshérita. (W.)

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