‹ Fables (volume 2)Chapitre 65 sur 193 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

Je t'ai toujours choyé, t'aimant comme nus veux. .1- n'en ai point regret, et j'en rends grâce aux dieux.

J'allois leur faire ma prière, Comme tout dévot chat en use les matins. Ce réseau me retient : ma vie est en tes mains; Viens dissoudre ces nœuds. Et quelle récompense

En aurai-je ? reprit le rat.

Je jure éternelle alliance

Avec toi, repartit le chat.

Dispose de ma griffe, et sois en assurance : Envers et contre tous je te protégerai;

Et la helette mangerai,

Avec l'époux de la chouette :

Ils t'en veulent tous deux. Le rat dit : Idiol ï Moi ton libérateur ! je ne suis pas si sot.

Puis il s'en va vers sa retraite :

La belette étoit près du trou.

Le rat grimpe plus haut ; il v voit le hibou. Dangers de toutes parts : le plus pressant l'emporte. Ronge-maille retourne au chat, et fait eu sorte Qu'il détache un chaînon, puis an autre, et puis ta.il

Qu'il dégage enfin l'hypocrite.

L'homme paroît en cet instant ; Les nouveaux alliés prennent tous deux la faite. A quelque temps de là, notre chat vit de loin Son rat qui se tenoit alerte et sur ses gardes : Ah ! mon frère, dit-il, viens m'embrasser ; ton soîa

Me fait injure; tu regardes

u> FABLES.

( loin me ennemi ton allié.

Penses-tu que j'aie oublié

Qu'après Dieu je te dois la v îe ?

! i moi, reprit le rat, penses-tu que j'oublie

Ton naturel'.'' Aucun traité l'( t • r — il forcer un chat à la reconnoissance ?

S'assnre-t-on sur l'alliance

Qu'a faite la nécessité ?

FABLE XXIII

LE TORREKT ET LA RIVIEHE.

Avec grand bruit et grand fracas

Un torrent tomboit des montagnes :

Tout fuvoit devant lui; l'horreur suivoil ses pas:

Il faisoit trembler les campagnes.

Nul voyageur n'osoit passer

lue barrière si puissante :

Un seul vit des voleurs; et, se sentant près» r. Ii mit entre eux et lui cette onde menaçante. Ce a'étoit que menace et bruit sans profondeur :

Notre homme enfiu n'eut que la peur.

Ce succès lui donnant courage, là les mêmes voleurs le poursuivant !ou jour-.

Il rencontra sur son passage

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