‹ Fables (volume 2)Chapitre 66 sur 193 · LIVRE VIII. <j:i · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. <j:i

Une rivière dont le cours, Image d'un sommeil doux, paisible, et tranquille,

Lui fil croire d'abord ce trajet fort facile : Point de bords escarpes, un sable pur et net.

Il entre; et son cheval le met A couvert des voleurs, mais non de l'onde uoirc :

Tous deux au Styx allèrent boire ;

Tous deux, à nager malheureux, Allèrent traverser, au séjour ténébreux.

Bien d'autres fleuves cpie les noires.

Les gens sans bruit sont dangereux :

Il n'eu est pas ainsi des autres.

FABLE XXIV

l'éducation.

Laridon et César, frères dont l'origine Veuoit de chiens fameux, beaux, bien faits, et hardis, A deux maîtres divers échus au temps jadis, Hautoient, l'un les forets, et l'autre la cuisine. Ils avoient eu d'abord chacun un autre nom ; Mais la diverse nourriture !

1 Ce mot étoit autrefois, clans le slyle noble, synonyme d'éducation.

Fortifiant eu L'un celte heureuse nature , En l'antre L'altérant , un certain marmiton

.Nomma celui-ci Laridou.

Son frère, ayant couru mainte haute aventure , Mis maint cerf aux abois, maint sanglier abattu, Fut le premier César que la gent l chienne ait eu. On eut soin d'empêcher qu'une indigne maîtresse Ne fit eu ses enfants dégénérer son sang. Laridou, négligé, témoiguoit sa tendresse

A l'objet le premier passant.

Il peupla tout de son engeance :

Tourne-broches2 par lui rendus communs en France Y font un corps à part, gens fuyant les hasards,

Peuple antipode des Césars,

Ou ne suit pas toujours ses aïeux ni son père : Le peu de soin , le temps , tout fait qu'où dégénère. Faute de cultiver la nature et ses dons, Oh ! combien de Césars deviendront Laridonsî

1 ou natioa, la race. L'emploi de ce mot, en ce sens est fréquent chez nos vieux poètes.

2 On appelle ai:isi des chiens dressés à faire tourner une roue qui met en mouvement le tourne-biodic.

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